Une appellation d'origine contrôlée (AOC) garantit qu'un vin vient d'une aire délimitée et respecte des règles fixées par le canton. En Suisse, plus de 95 % de la vendange est destinée aux AOC, selon l'OFAG, et les grands crus comme les premiers crus relèvent eux aussi du droit cantonal.
AOC, vin de pays et vin de table dans le droit fédéral
Les appellations suisses reposent sur trois classes de vins définies par l'ordonnance fédérale sur le vin. Un vin AOC porte le nom d'un canton ou d'une aire géographique d'un canton. Un vin de pays porte le nom du pays ou d'une région plus grande qu'un canton. Un vin de table suisse ne peut mentionner ni cépage, ni millésime, ni autre origine que « suisse ».
Pour les AOC, la Confédération fixe le cadre et les cantons écrivent les règles : aire, cépages, méthodes de culture, sucre minimal, rendement maximal, vinification et examen de dégustation. Le fonctionnement détaillé, avec les règles de coupage, se trouve dans l'AOC pour le vin suisse.
Grand cru, premier grand cru, premier cru selon les cantons
Les mentions de cru suisses n'ont pas de définition nationale. Dans le canton de Vaud, Dézaley et Calamin sont des appellations Grand cru de Lavaux, avec un raisin plus mûr exigé : 17,3 % Brix pour le chasselas, contre 15,9 % pour l'AOC Lavaux. La mention « Premier grand cru » y est réservée à un domaine, un château ou un lieu-dit agréé sur dossier.
En Valais, le Grand Cru est communal : il s'écrit avec le nom de la commune ou de la région, jamais « Grand Cru Valais ». Genève classe ses vins en AOC Genève et AOC Premier cru. Le comparatif des grands crus vaudois et des premiers crus met ces règles côte à côte et les compare avec la France.
| Canton | Mention haute | Principe |
|---|---|---|
| Vaud | Grand cru, Premier grand cru | Dézaley et Calamin ; lieux agréés par une commission |
| Valais | Grand Cru | Règlement adopté par chaque commune, approuvé par le Conseil d'État |
| Genève | AOC Premier cru | Nom géographique à côté de la mention « AOC 1er cru » |
Les mentions obligatoires d'une étiquette de vin suisse
L'étiquette d'un vin suisse doit indiquer sa classe et son origine, le nom et l'adresse du responsable, la teneur en alcool, le lot et les allergènes comme les sulfites, s'ils sont détectables. Depuis le 1er janvier 2026, une bouteille AOC doit aussi porter le nom de l'origine géographique. Le cépage et le millésime restent facultatifs, mais exigent 85 % au moins du cépage ou de l'année cités. Le guide pour lire une étiquette de vin suisse reprend chaque mention.
Le millésime, ou ce que la météo d'une année laisse dans le vin
Un millésime est l'année de la récolte, et il compte en Suisse où la météo varie d'un été à l'autre. L'année 2024, très humide, a donné une récolte très faible ; 2025 a profité d'un printemps sec et doux, avant des pluies de juin qui ont touché la floraison par endroits. La page sur la notion de millésime du vin explique comment lire un tableau de millésimes et juger du potentiel de garde.
Une appellation se rattache toujours à une région : la rubrique Vignobles suisses les situe sur la carte. Les noms comme fendant, dôle ou johannisberg, qui sont des dénominations traditionnelles, renvoient à la rubrique Cépages.
Sources : ordonnance sur la viticulture et l'importation de vin (RS 916.140), art. 21 à 27e et annexe 3, état au 1er janvier 2026 ; ordonnance du DFI sur les boissons (RS 817.022.12), art. 75 ; Canton de Vaud, règlement sur les vins vaudois (BLV 916.125.2) ; Canton du Valais, OVV (916.142), version 2017 ; Canton de Genève, règlement sur la vigne et les vins (M 2 50.05) ; OFAG, « Das Weinjahr 2025 », 7 mai 2026.





