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Le chasselas, cépage blanc de la Suisse romande

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Grappes de raisin blanc doré mûr pendant entre les feuilles de vigne

Le chasselas est le premier cépage blanc de Suisse : selon l'OFAG, il couvrait 3 416 hectares en 2025, soit environ la moitié des vignes blanches du pays. Raisin discret, il traduit avec finesse le sol et le lac qui le portent, des terrasses de Lavaux aux coteaux valaisans.

Le chasselas en chiffres : un blanc concentré sur Vaud et le Valais

Le chasselas reste le blanc dominant du vignoble suisse, même si sa surface recule lentement : l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) compte 3 416 ha en 2025, soit 28 ha de moins qu'un an plus tôt. Il représente environ 52 % des surfaces plantées en blanc et se place juste derrière le pinot noir au classement général des cépages du pays.

Sa géographie est très ramassée. Le canton de Vaud en cultive à lui seul environ 2 182 ha, ce qui correspond à 58 % de son vignoble, et le Valais environ 736 ha. Genève (environ 255 ha) et Neuchâtel (environ 220 ha) complètent la carte, alors que la Suisse alémanique et le Tessin n'en plantent que de petites parcelles. Cette concentration fait du chasselas le vin de la Suisse romande par excellence, attaché aux rives du Léman et aux pentes du Rhône. Les appellations de La Côte, de Lavaux ou du Chablais sont détaillées dans la présentation du vignoble vaudois et de ses six régions.

Origine lémanique et premières mentions du chasselas

L'histoire écrite du chasselas en Suisse commence tard. Swiss Wine Promotion situe les premières mentions du cépage au XVIIe siècle et décrit sa diffusion autour du lac Léman, où il a trouvé ses meilleurs coteaux. L'hypothèse d'un berceau lémanique, avancée par des travaux de génétique de la vigne, est aujourd'hui la plus citée ; d'autres récits plus anciens lui prêtaient une origine lointaine, sans qu'aucun ait été confirmé.

Le chasselas est aussi un raisin de table apprécié, ce qui en dit long sur son caractère : une baie juteuse, une peau fine, un goût doux et peu acide. Ces qualités ont longtemps fait sa fortune, et elles expliquent pourquoi les vignerons romands lui réservent souvent leurs meilleures parcelles. Sur un sol pauvre et bien exposé, il donne un vin plus tendu ; sur un terrain riche et à rendement élevé, il devient vite neutre. La maîtrise de la récolte pèse donc beaucoup sur la qualité finale.

Fendant, dorin, perlan : les noms locaux du chasselas

Le même chasselas change de nom selon le canton, et ces noms n'ont pas tous la même valeur juridique. Le tableau distingue les dénominations protégées des simples usages.

NomOù on le litStatut
FendantValaisDénomination traditionnelle protégée par l'ordonnance fédérale sur le vin ; 100 % chasselas, toute adjonction interdite (OVV)
DorinVaudDénomination traditionnelle protégée au niveau fédéral
PerlanGenève, dans l'usageNom courant, absent de la liste fédérale des dénominations traditionnelles
GutedelAllemagneSynonyme du cépage
Non filtréNeuchâtelSpécialité : chasselas mis en bouteille sans filtration

Le nom de fendant viendrait des grains qui se fendent sous la pression des doigts, selon Swiss Wine Promotion. Sur les étiquettes vaudoises, le nom du lieu (Lavaux, Épesses, Féchy, Yvorne) passe souvent avant celui du cépage, qui reste parfois implicite.

Comment le chasselas traduit son terroir

Le chasselas a peu d'arômes propres, et c'est précisément ce qui le rend si sensible au lieu. Swiss Wine Promotion décrit des notes de pomme, de poire et d'agrumes, des touches florales de tilleul ou d'acacia et une note minérale ; selon le sol, l'altitude et la proximité du lac, l'une ou l'autre prend le dessus. Les amateurs comparent volontiers un chasselas de La Côte, souvent souple, à un vin des terrasses de Lavaux, plus serré, ou à un fendant de coteau valaisan, plus ample.

Les règles d'appellation suivent cette logique de lieu. Dans le canton de Vaud, les grands crus Dézaley et Calamin exigent pour le chasselas une teneur minimale en sucre de 17,3 % Brix, contre 15,9 % pour l'AOC Lavaux, et interdisent le coupage. Ces exigences sont résumées dans le dossier consacré aux grands crus et premiers crus en Suisse.

Vinification du chasselas : malolactique, lies et filtration

La vinification du chasselas cherche d'abord à préserver sa délicatesse. Le vin fermente le plus souvent en cuve ou en grand fût de bois ancien, qui n'apporte pas de goût boisé. Beaucoup de vignerons romands laissent se faire la fermentation malolactique, une seconde fermentation qui transforme l'acide malique, vif, en acide lactique, plus doux : le vin gagne en rondeur. D'autres la bloquent pour garder davantage de fraîcheur, notamment sur les sols les plus riches.

L'élevage, c'est-à-dire la période entre la fin de la fermentation et la mise en bouteille, se fait souvent sur lies fines, ces levures mortes qui donnent du gras au vin. Une légère pétillance, qui fait de petites bulles au fond du verre, est fréquente et appréciée. Le non filtré neuchâtelois pousse cette logique plus loin : mis en bouteille sans filtration, il reste légèrement trouble.

Garde, service et accords du chasselas

Le chasselas se boit le plus souvent dans ses deux ou trois premières années, selon Swiss Wine Promotion. Les millésimes exceptionnels peuvent toutefois tenir dix ans ou plus et développer des notes de cire d'abeille, d'épices douces et de fruits secs. Ce potentiel dépend du lieu, du millésime et des conditions de cave, si bien qu'aucune durée ne vaut pour toutes les bouteilles.

Swiss Wine Promotion conseille de le servir entre 8 et 10 °C, une fourchette expliquée avec les autres repères dans la page sur la température de service du vin. À table, l'interprofession cite l'apéritif, les poissons du lac et à chair blanche, la volaille, la fondue, la raclette et les croûtes au fromage : sa fine acidité équilibre le côté crémeux du fromage fondu. Les combinaisons régionales sont regroupées avec les accords mets et vins suisses.

Chasselas, fendant et perlan : questions d'achat et de service

Le fendant est-il un autre cépage que le chasselas ?
Le fendant est le nom valaisan du chasselas, pas un cépage distinct. L'ordonnance valaisanne sur la vigne et le vin le définit comme un vin AOC du Valais issu exclusivement de chasselas, toute adjonction étant interdite. Le nom figure aussi parmi les dénominations traditionnelles protégées par le droit fédéral.
Combien de temps garder un chasselas ?
La plupart des chasselas se boivent dans les deux à trois ans qui suivent la récolte. Un vin issu d'un grand lieu et d'une belle année peut évoluer pendant dix ans ou davantage. Pour en juger, mieux vaut ouvrir une bouteille tous les deux ou trois ans plutôt que de se fier à une date.
Pourquoi le chasselas accompagne-t-il si souvent la fondue ?
Sa fine acidité et sa légèreté équilibrent le gras du fromage fondu, explique Swiss Wine Promotion. Un chasselas sec et peu boisé ne masque pas le goût du fromage. Le fendant joue le même rôle avec la raclette valaisanne.
Le perlan est-il une appellation genevoise ?
Le perlan est un nom d'usage du chasselas genevois, pas une appellation. Il ne figure pas dans la liste fédérale des dénominations traditionnelles protégées. Sur une étiquette genevoise, l'appellation lisible est l'AOC Genève ou un premier cru.

Le chasselas n'est que l'un des visages du vignoble romand : la vue d'ensemble des cépages cultivés en Suisse le replace parmi les rouges et les spécialités valaisannes.

Sources : Office fédéral de l'agriculture (OFAG), « Das Weinjahr 2025, Weinwirtschaftliche Statistik », 7 mai 2026 ; Swiss Wine Promotion, fiche cépage « Chasselas », consultée le 19 octobre 2026 ; Canton du Valais, ordonnance sur la vigne et le vin (OVV), art. 49 ; ordonnance fédérale sur le vin (RS 916.140), annexe 3, état au 1er janvier 2026 ; Canton de Vaud, règlement sur les vins vaudois (RVV), art. 43 ; Swiss Wine Promotion, « La région viticole des Trois-Lacs ».

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